Lecture : Saga

sagaQuatre scénaristes has-been sont recrutés par une chaîne de télévision pour créer un feuilleton et respecter les quotas de création française à l’antenne. La consigne, faire« n’importe quoi, pourvu que ce soit le moins cher possible ». Prenant les instructions à la lettre, les quatre auteurs se lancent dans la création de Saga, série télévisée qui, par sa liberté de ton, rassemble finalement des millions de téléspectateurs.

Critique de la télé-poubelle mais aussi de la dictature de l’image dans la société, Saga raconte à la fois la vie et la mort d’une série et la vie de ceux qui la créent. Un feuilleton du point de vue des scénaristes qui se lit à toute vitesse et mélange les vies de quatre personnages trouvant dans ce projet peu habituel la clé pour retrouver un équilibre dans leurs vies respectives.

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Une découverte surprenante sur le point d’exclamation !

Une étude de l’institut suédois Fejk affirme que les articles de presse dont le titre se termine par un point d’exclamation ont 2,87 fois plus de chances d’être lus que les autres. L’enquête se base sur un échantillon de 1000 personnes représentatives de la population active européenne et sur un panel de 57 articles en différentes langues. « Les résultats sont révélateurs de la société d’aujourd’hui », conclut l’étude. « Les lecteurs évoluent et l’époque actuelle demande plus d’impact au niveau rédactionnel », indique Bertrand Bourdon, professeur de Lettres à l’université Dijon-II. « Le style d’écriture doit changer avec son temps. Les grandes phrases à la Proust et les descriptions à la Balzac sont révolues. »

De même, la tendance est à l’allègement du vocabulaire. « Si nous voulons que les gens nous comprennent, nous devons simplifier le langage. C’est la seule chance pour que le message passe avec efficacité », insiste Bertrand Bourdon. « Les chaînes de télévision l’ont pour la plupart bien compris et la baisse du nombre de documentaires au profit des émissions de téléréalité montre que nous allons dans le bon sens. ’Il faut que ça claque’, comme le disait déjà au XIXe siècle l’auteur britannique Adam Clark. »

Le retour en grâce du point d’exclamation pourrait s’accompagner d’autres mesures dans le futur, comme l’introduction d’emojis pour permettre aux lecteurs ayant le plus de difficultés de surmonter leur peur de la lecture. « Les Egyptiens avaient déjà tout compris », commente l’historien Roger de Montmureuil. « L’histoire est écrite par les vainqueurs, c’est pourquoi leurs hiéroglyphes ont été abandonnés. Mais si vous regardez la situation avec un œil neuf, vous comprenez immédiatement qu’ils avaient plusieurs millénaires d’avance. Je suis même persuadé que nous ne sommes pas au bout de nos surprises. » L’intégration d’emojis dans la langue française a toutefois été rejetée par le ministre de l’Education dans une brève allocution sur Telegram, prouvant encore une fois que les élites ne souhaitent pas s’adapter au peuple.

Lecture : Hard Revolution

pelecanos-revolutionDerek Strange, jeune policier Noir à Washington en 1968, est confronté à la dure réalité lorsqu’il doit enquêter sur une affaire de drogue dans son quartier d’enfance, dont les protagonistes ont partagé le même banc d’école. Être policier et Noir est compliqué en temps normal, mais la situation s’embrase lors de l’assassinat de Martin Luther King, et surtout lors des émeutes qui ont secoué la capitale américaine lors des jours suivants.

Rejeté par les siens sans être pour autant accepté par tous les policiers, Derek Strange se trouve pris entre deux feux. Comme toujours chez Pelecanos, Washington (qui sert de décor à chacun de ses livres) est décrite avec un tel réalisme qu’elle compte comme un personnage à part entière. C’est rythmé, efficace, violent parfois comme l’ont été les émeutes, et toujours écrit avec le plus de justesse possible, décrivant la complexité des rapports entre Blancs et Noirs dans une société divisée.

Un nouveau scandale sur la douleur liée aux vaccins

Une étude menée par le CHU de Montauban confirme ce que tout le monde craignait : lors de l’application d’un vaccin, 100% des patients ressentent une légère douleur lors de la piqûre. « C’est inévitable », assure le docteur Richard Martinez, qui a mené les tests en laboratoire. « Notre enquête a permis de confirmer ce dont nous nous doutions depuis plusieurs années. L’introduction de l’aiguille dans la peau du patient entraîne systématiquement une réaction douloureuse. » Plus de 200 volontaires de tous âges ont participé à cette expérience.

Les adjuvants tels que l’aluminium ou le sulphate de thallium ne permettent pas de modifier la situation.« Nous avons essayé d’ajouter de la morphine aux vaccins mais ce fut un échec, puisque l’aiguille de la seringue atteint le corps humain avant que la morphine soit injectée dans le sang du patient », poursuit le docteur Martinez. 

Comment peut-on alors lutter contre cette douleur ? Nos équipes ont tenté, en vain, de contacter le ministère de la Santé pour savoir quelles mesures seraient prises pour soulager la population. Devant l’absence de réponse du gouvernement, force est de constater que la douleur du peuple est ignorée par les élites.

Les Allumettes #12

La conscience d’avoir une identité unique à chacun n’a pas mis longtemps avant de nous changer profondément. Après quelques jours, certains ont décidé qu’ils voudraient avoir un nom. Leur objectif était de pouvoir se différencier des autres en un instant. En ayant leur nom à eux, ils quittaient le groupe en se débarrassant des règles que nous avions. Notre but commun, notre solidarité à toute épreuve pendant que nous étions dans l’arbre, disparaissaient.

Depuis que nous avions le choix de vivre tous ensemble ou séparément, la séparation s’imposait comme une évidence.

« Comment quelqu’un de la cime pourrait comprendre le tronc ? » demandait quelqu’un.

Et personne ne pouvait lui répondre, parce que tous, au fond, étaient d’accord avec lui. Les différences étaient trop importantes pour être surmontées. Il valait mieux que nos chemins se séparent un minimum.

Des noms, donc, ont commencé à apparaître. Gilles, Céline, Claude, Prune, et d’autres noms que nous avons découverts dans un almanach trouvé dans un coin. Jusqu’au premier incident.

« Mon nom à moi sera Chaumière », dit l’un d’entre nous avec fierté.

« Chaumière ? Ce n’est pas un nom », répliqua le nouvellement dénommé D’Artagnan.

« Je m’en fiche. Désormais ce sera le mien. »

Il n’était dès lors plus possible de négocier.

Lecture : J’ai 15 ans et je ne veux pas mourir

La Seconde guerre mondiale vue par les yeux d’une adolescente, fille d’une famille bourgeoise de Budapest. Réfugiée dans la cave de l’immeuble en compagnie de sa famille et de ses voisins, la jeune fille est confrontée à la crainte des soldats allemands occupant la ville et des Russes faisant le siège de la capitale. Après la survie dans la ville assiégée, elle raconte l’émigration clandestine puis la vie en exil dans les camps de réfugiés.

Christine Arnothy raconte les faits presque sans états d’âmes, se contentant de rapporter ce qu’elle a vécu. Le style est simple sans être simpliste, l’auteure piochant dans les notes qu’elle a prise au fur et à mesure dans son journal. Un récit touchant évoquant le Journal d’Anne Frank, et qui évite de verser dans le pathos.

Les Allumettes #11

A force d’isolement, nous avons senti quelque chose de nouveau apparaître parmi nous. Des différences. C’était… déroutant. Certes, nous étions tous identiques en apparence, tandis que dans le passé notre quotidien n’était pas aussi uniformisé. Certes, en apparence nous étions tous les mêmes : même bois fin et sec, même absence de personnalité. Dans l’arbre, nous avions plus de différences physiques mais nous pensions tous pareil. Nous avions un but commun.

Cette fois, nous avons découvert que nous ne pensons pas tous pareil. Certains avaient faim, d’autres soif. Certains voulaient du calme, d’autres ne pouvaient tenir en place. Il y en a qui souhaitaient sortir de ce lieu où nous sommes enfermés tandis que d’autres avaient peur de découvrir ce qu’il y a à l’extérieur et préféraient rester ici.

C’était l’émergence de la conscience. C’est arrivé presque d’un seul coup. Du jour au lendemain, nous réalisions que nous pensions différemment les uns des autres. Avec l’arrivée de la conscience de soi, nous avons connu l’émergence de l’identité. Nous avons été surpris de découvrir que celle-ci n’est plus unique, mais que chacun pouvait désormais avoir une identité qui lui est propre. Nous faisions un nouveau saut dans l’inconnu et personne ne pouvait deviner ce qui en résulterait.